Allaiter un bébé hospitalisé

Allaiter un bébé hospitaliséPendant la grossesse, on se pose mille et une questions dont celle-ci « ai-je envie d’allaiter mon bébé ? ». Et puis vient l’annonce du diagnostic et cette question se transforme en « vais-je pouvoir allaiter mon bébé ? ». Tout dépendra bien sûr de l’état de santé de votre bébé, mais je vais vous montrer que si vous en avez envie, il est possible d’allaiter son bébé même à l’hôpital !

Alors je préfère poser le cadre tout de suite… il ne sera pas question ici d’allaitement comme dans les publicités sur le lait infantile où l’on voit une maman resplendissante tenant un adorable bébé joufflu dans ses bras dans un décor idyllique avec une jolie musique au piano… il sera plus question de tire lait, de stérilisation et de mise au placard de votre pudeur quand l’infirmière vous dit qu’il n’y a plus de paravent pour vous isoler du regard des autres mamans (et papas !).

En réanimation néonatale, nous étions 6 familles par pièce. Beaucoup de mamans, encouragées par les infirmières, pouvaient allaiter leur bébé directement au sein. Malheureusement dans mon cas ce n’était pas possible car Elise n’a pas pu téter toute seule pendant plusieurs semaines à cause de son opération à l’œsophage (une atrésie s’inscrivant dans le syndrome de VACTERL). Sa malformation cardiaque n’aidait pas non plus, chaque repas était très fatiguant pour elle. Elle était donc alimentée en continu par une sonde nasogastrique (un tuyau qui entre par le nez et descend jusque dans l’estomac). C’est pourquoi je devais tirer mon lait pour que celui-ci puisse lui être donné par sa sonde. Plus tard, nous avons dû épaissir le lait pour minimiser son reflux gastro-œsophagien. Même si elle pouvait à présent téter, nous n’avons pas pu la mettre au sein directement.

Organisation et persévérance

Pour que l’allaitement au tire-lait fonctionne, il faut être organisée et rigoureuse. Il faut commencer dès  que possible pour stimuler les seins et activer la montée de lait. En ce qui me concerne, les sages-femmes m’avaient amené dans ma chambre un tire-lait le soir même de l’accouchement. Si vous souhaitez allaiter, n’hésitez pas à le dire et à leur demander le matériel nécessaire.

Il existe des tire-lait manuels et d’autres électriques. A l’hôpital il n’y avait que des électriques, je ne pourrai donc pas parler des tire-laits manuels mais il me semble d’emblée plus facile d’utiliser un tire-lait électrique car il travaille pour vous !

Il existe une multitude de sites très bien faits pour vous expliquer la marche à suivre mais sachez qu’un tire-lait se compose d’une téterelle (une sorte d’entonnoir) que vous appliquez sur le sein, celle-ci est vissée sur un biberon qui est raccordé au tire lait par un tuyau en silicone. La machine va alors aspirer à intervalles plus ou moins rapides afin de reproduire le phénomène de succion sur le sein.

Les médecins de la maternité délivrent une ordonnance pour la location du tire-lait (la Sécurité Sociale prend en charge l’intégralité des frais). Il est facile de s’en procurer dans une pharmacie, mais vous n’aurez pas forcément le choix du type de tire-lait. Pour ma part, j’ai fait appel à une société privée (Grandir Nature pour ne pas la citer) qui propose plusieurs types d’appareil plus ou moins silencieux, à simple ou double téterelle, portatifs, etc. A vous de trouver le modèle qui s’adapte à vos besoins.

Seul mot d’ordre : 15 à 20 minutes sur chaque sein toutes les 4 heures !

Alors oui, c’est compliqué car il faut jongler entre tirer son lait à la maison, à l’hôpital en laissant bébé dans sa couveuse alors qu’on préfère de loin être à son chevet,… mais plus vous le ferez plus vous trouverez un rythme de croisière et toute cette mécanique deviendra naturelle. Les sages-femmes et les infirmières sont là aussi pour vous aider. L’hôpital met si possible à votre disposition une salle d’allaitement ou vous pourrez vous installer (plus ou moins) confortablement. L’utilisation d’un tire-lait à double téterelle est fort pratique et offre un gain de temps non négligeable car il permet de recueillir le lait sur les deux seins en même temps.

Cette méthode peut paraître étrange voire cocasse car vous vous retrouvez quand même avec une sorte de « trailleuse » à la main sans votre bébé près de vous… c’est pourquoi il est difficile de s’y astreindre mais il faut persévérer !

L’art de la pensée positive

Le plus important est d’être toujours bien installée et au calme. Ce qui a fonctionné pour moi au début c’était de penser très fort à Elise ou de regarder des photos d’elle pendant que la machine faisait son travail. Super papa avait eu le temps de prendre quelques photos avant qu’elle ne parte pour le bloc pour que je puisse voir sa frimousse avant la rencontre officielle le lendemain. Je me disais aussi que c’était la seule chose que je pouvais faire pour elle car tout le reste des soins était géré par les infirmières. Apporter sa pierre à l’édifice en quelque sorte… Garder toujours une attitude positive face à la machine a bien fonctionné car j’ai pu donner mon lait à Elise jusqu’à ses 7 mois.

Faites-vous aussi soutenir par vos proches !

Bien gérer sa « production »

Il va falloir être également rigoureuse dans la stérilisation du matériel et dans la conservation du lait.

Les équipes soignantes seront là pour tout vous expliquer mais voici un récapitulatif des directives à suivre scrupuleusement : Les mesures d’hygiène pour tirer son lait

Le lait que vous tirez à l’hôpital est considéré comme recueilli dans un milieu propre, vous pourrez alors le donner en direct à votre bébé ou le conserver dans les réfrigérateurs prévus pour cela.

Le lait que vous tirez à la maison, sera envoyé au lactarium de votre région pour y être testé et pasteurisé. Si vous ne respectez pas les règles d’hygiène et de stérilisation et que le lactarium trouve un quelconque germe dans le lait, celui-ci sera jeté… alors soyez rigoureuse pour ne pas voir s’envoler tous vos efforts !

En ce qui me concerne, tous les matins en arrivant à l’hôpital, je déposais mon lait dans les congélateurs prévus pour qu’il soit envoyé au lactarium. Les infirmières commandaient alors les quantités voulues pour Elise et recevaient le lait pasteurisé tout prêt.

Pour la stérilisation, la méthode avec l’eau bouillante dans une casserole est rapidement devenu fastidieuse. J’ai alors investi dans un stérilisateur (que vous trouverez dans tous les magasins de puériculture). En quelques minutes le matériel est prêt à l’emploi, cela permet de pouvoir tirer son lait à tout moment sans stress !

Le don de lait ?

Si vous avez la chance d’avoir une lactation importante, le lactarium peut vous proposer de donner votre lait à d’autres bébés qui en ont besoin. Un stock est réservé pour votre enfant et le « surplus » est alors redistribué dans les services de néonatalogie pour les prématurés notamment. J’encourage vivement cette pratique l’ayant vécu moi-même !

Pour conclure, j’avoue m’être souvent plainte dans les moments de fatigue et de stress du côté fastidieux de l’allaitement au tire-lait mais au fond je reste persuadée des bienfaits nutritionnels et immunologiques du lait maternel. Plusieurs médecins m’ont affirmé que celui-ci aide également à la bonne cicatrisation des tissus et à une meilleure récupération suite aux traumatismes post opératoires. Si Elise s’est toujours plutôt bien remise de ses chirurgies, j’aime croire que c’est grâce à mes heures passées « pendue » à mon tire-lait !

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Commentaires(7)
  1. laetitia S 1 mai 2016
  2. Cunin Marie 4 mars 2016
    • Une sur trois mille 4 mars 2016
  3. GUILBOT Joëllle 1 mars 2016
    • Une sur trois mille 2 mars 2016
  4. Bonnet Soline 29 février 2016
    • Une sur trois mille 1 mars 2016

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